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Episode #1 | Zidane 2006 : d’une retraite à l’autre

Si Zinédine nous a envoûtés durant toute sa carrière, l’année 2006 est sans doute celle durant laquelle il aura le plus forgé sa légende, lui conférant une touche artistique, romanesque et brutale. Retour sur cet entre deux retraites.




13 Août 2004, jour de deuil dans la mémoire des Français. Après un Euro marqué par son incroyable doublé face à l’Angleterre en poule et une triste défaite face à la Grèce en quart, Zidane décide de mettre un terme à sa carrière internationale. Zizou ou pas, quand on a un boss qui s’appelle Jacques Santini, on a vite fait de démissionner.

Pourtant, 355 jours plus tard, le 3 août 2005, alors que la France a entamé les phases de qualification à la Coupe du Monde 2006 par quatre nuls en six matchs, Zinédine remet en question une décision jusqu’alors catégorique : il revient. Et comme c’est Zizou, il ne rapplique pas seul. Il fait son come-back avec Claude et Lilian.

Pour son grand retour en amical face à la Côté d’Ivoire, ZZ inscrit un but et la France gagne 3-0. Les Bleus se qualifient pour la Coupe du Monde contre l’Irlande dans des circonstances qui ne méritent pas plus d’une phrase. Ils réussissent leurs matchs de préparation durant lesquels Zinédine se voit honoré de sa centième sélection en bleu. Arrivés en Allemagne, on se demande légitimement ce qui pourrait éclore du doux mélange entre Son Altesse, Jean-Alain Boumsong, Pascal Chimbonda et Gaël Givet. Le tout orchestré par Raymond la Menace, qui avait donné rendez-vous à tout le monde le 9 juillet.

D’autant que Zinédine a connu une saison contrastée avec le Réal, éliminé en huitièmes de finale de la C1, relégué à 12 points du Barça’ en championnat, marqué par la fin de l’ère Galactique et l’annonce du départ de Florentino Pérez en Février 2006.

La phase de groupe révèle toutes ces inquiétudes : un nul contre la Suisse, dont le meilleur joueur est Alexander Frei, et un nul contre la Corée du Sud, dont le pendant est Park-Ji Sung. Des matchs dans lesquels le Z n’aura pas particulièrement brillé. Cerise sur le gâteau, il est suspendu pour le dernier match contre le Togo, finalement remporté dans la douleur grâce à Vieira et Henry et qu’il regardera sur une télé dans les vestiaires, le présage d’une mauvaise habitude.


Passée proche de la sortie, la France se présente désormais en phase finale de Coupe du Monde qui s’avérera épique et qui renverra Zinédine à la retraite, heureusement pas de la façon dont les Espagnols l’auraient souhaité.



ÉPISODE 1

8È DE FINALE | L’ESPAGNE

Les Espagnols se présentent torses bombés face aux Bleus, auréolés de trois larges victoires en poule. « Adios Zizou » pensent-ils à voix haute. Marca croyant bon d’ajouter que ce match mettrait notre héros à la retraite. Pour ajouter un peu de suspens à l’Histoire, Lilian concède un penalty converti par David Villa mais le destin en voulait ainsi : ils n’auront rien, Z.

Rien d’autre que Francky qui fait l’avion pour atterrir le 9 juillet et qu’un récital d’el Magnifico, qui éteindra les rêves ibériques d’un but dans le temps additionnel.



ÉPISODE 2

QUART DE FINALE | LE BRÉSIL

L’artiste est entré. Après avoir mangé les Espagnols sauce salsa, Zidane s’apprête à danser la samba. Face à une équipe brésilienne pourtant championne du monde en titre, il offre une prestation alliant performance et élégance, à la limite du réel. Chaque geste est réalisé avec une fluidité déroutante et sur une cadence infernale : Sombrero, porte manteau, roulette sur roulette, jette toi pas trop. « Brésil ou pas, machin chouette, rien à foutre ».



ÉPISODE 3

DEMI-FINALE | LE PORTUGAL

Un match placé sous le signe de la revanche. En 2000, Zidane élimine le Portugal en demi-finale de l’Euro sur un penalty concédé par Abel Xavier pour une main évidente. Emmenés par Cristiano, Deco et Figo, les « Quinas » mettent cette fois les Bleus à mal dans un match très animé. Ces derniers résistent et l’emportent grâce à un penalty concédé par Carvalho et converti par Son Altesse. Bis repetita.



ÉPISODE 4

FINALE | L’ITALIE

Putain de destin. Une panenka ratée qui finit en chef d’oeuvre, un missile de la tête et la main de Gigi, une réaction épidermique et un geste insensé, le penalty de Trézeguet et les nanomètres qui font que le ballon rebondit devant la ligne. Un scénario à réécrire. «Pas ça Zinédine». Et si tu avais été là ? Puisque même un geste raté devenait un coup de génie, puisque marquer deux buts en finale c’était plutôt ton truc…

Cruel destin. Le comble pour un jeune qui adulait l’élégance d’Enzo Francescoli. Contraint de voir Materazzi célébrer et n’exister que par le court instant d’attention qu’il lui aura accordé, Zinédine sort par le petite porte d’une immense bâtisse, comme un rappel à l’humanité de son oeuvre.

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