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Interview de Nick Jacobsen : Beyond Kite

Nick Jacobsen n’est pas seulement l’un des meilleurs kitesurfers au monde, il s’acharne aussi à repousser les frontières du possible sur sa planche. Ce Danois de 32 ans est l’instigateur d’une nouvelle pratique incroyablement cool : le urban kite. Dans une série de vidéos ultra divertissantes, il présente cette pratique sous sa forme la plus ludique mais aussi la plus dangereuse.



Nick Jacobsen, vainqueur du prestigieux Red Bull King of the Air 2017, est l’un des meilleurs kitesurfers de la planète et sans doute le plus créatif. Lorsque le temps et les conditions le permettent, il s’adonne à une activité qu’il est pour le moment le seul à pratiquer : le kitesurf urbain.

C’est toute une vie dédiée au kitesurf qui lui permet de réinventer son sport et d’inspirer la nouvelle génération par une démarche aussi artistique que dangereuse. S’inspirant largement de sports de glisse plus terrestres, il transforme les ponts, murs, plateformes en béton, rampes d’escalier en modules sur lesquels tout devient imaginable. Ne s’intéressant plus exclusivement qu’aux vagues, il perçoit dans chacun des éléments qu’il a sous les pieds de potentiels terrains de jeu, qui lui permettent de réaliser de nouvelles figures. Nick est aussi le premier kitesurfer à avoir sauté du haut de grattes-ciels avec une simple voile de kite, comme en 2017 où il se lance du haut de la tour Burj al-Arab de Dubaï et son célèbre terrain de tennis situé à 210 mètres de haut. Nous avons rencontré cet ovni de la glisse quelques jours après son dernier exploit. 


Comment en arrive-t-on à faire du kitesurf sur des ponts ou des murs en béton ?

J’essaie toujours de trouver de nouveaux moyens de me divertir. S’il n’y a pas un super vent ou que je ne suis pas sur un projet spécifique, le kite sur l’océan peut être ennuyeux. Je fais surtout ça pour mettre un peu de piment dans mes sessions, mélanger différents éléments et essayer de nouvelles choses. J’aime vraiment voir jusqu’où je peux aller sur un kite. 

Vous marchiez déjà sur les murs en 2015 avec votre kite ?

Oui sur un spot qui est à 20 minutes de chez moi… j’attends toujours les bonnes conditions pour aller m’y amuser ! Il faut le bon vent, qui souffle dans la bonne direction, et dans ce cas ça devient vraiment marrant. 

Vous avez déjà vu d’autres personnes faire ça ?

Non jamais, et je ne le recommanderais à personne, c’est vraiment difficile et dangereux. Je me suis toujours amusé sur ce mur, je le connais par coeur, la vitesse à laquelle arriver pour faire ma figure, la direction du vent nécessaire, le moment où le vent tombe etc. Pour être franc je n’aime pas trop voir les gens reproduire ce que je fais, parce que si quelque chose tourne mal, je suis le seul à blâmer parce que je suis le seul à faire tous ces trucs. 

Pas facile d’être un pionnier… Ca représente une lourde responsabilité pour vous ?

C’est très cool dans un sens d’être le leader de quelque chose de différent, j’aime bien ça. C’est toujours gratifiant d’être le seul à faire quelque chose, mais ça comporte aussi une part de responsabilité forte. Quand mes amis essayent ces figures, je sais qu’ils prennent l’entière responsabilité de leurs actions, mais si c’est un gamin de 13 ans qui le fait et que ça tourne mal, je me retrouve dans une mauvaise posture parce qu’il se sera inspiré de moi. On pourra toujours blâmer Nick Jacobsen et ses vidéos folles.

Le urban kite est-il beaucoup plus dangereux que le kite « normal » ?

Oui je pense, j’ai d’ailleurs toujours à un plan b en tête pour sauver ma peau dans le cas où ça tournerait mal, et il y a beaucoup de choses qui peuvent mal se passer quand on fais du kitesurf sur du béton.

Est-ce que cette pratique souligne votre volonté de montrer le côté fun et amusant du kite ?

Oui, c’est vraiment ce qui me fait avancer. Je ne regarde que des vidéos de kite qui ont cet aspect marrant, on ne peut pas se prendre trop au sérieux dans un sens. Je veux juste montrer à quel point je m’éclate, c’est tout. On ne dirait pas forcément que ça représente beaucoup de préparation mais en fait ça ne dépend que de ça. La préparation et la sécurité. Lorsque je travaille sur une nouvelle figure, j’attends de la maîtriser parfaitement avant d’y insérer un aspect fun, pour montrer que je m’amuse en le faisant. Le kite ce n’est pas super sérieux dans le fond, c’est juste quelque chose de fun.

Dans une de vos vidéos vous utilisez une planche de skate, quel rapport vous entretenez à ce sport ?

J’ai fait du skate durant de nombreuses années, je n’en fais plus trop à cause des risques de blessures aux chevilles, je n’en fais que sur mon kite désormais (rires). Je suis aussi très inspiré par le monde du skate en général, les vieux tricks, les rails, les wallrides etc. D’ailleurs je suis beaucoup plus le monde du skate que celui du kite, parce que les skaters se doivent d’être créatifs et j’aime beaucoup ça. Si vous allez dans un skatepark il y a déjà tellement d’obstacles différents à utiliser, et dans la rue les skaters doivent vraiment arriver avec de bonnes idées, trouver de nouvelles approches pour se démarquer.

Comment définiriez-vous votre approche du kite ?

Ma vision est la suivante : « je veux juste m’éclater le plus possible ». Et je cherche aussi le risque parce que j’aime me pousser dans mes retranchements jusqu’à atteindre un niveau supérieur. Je court après l’impossible, c’est un peu comme des examens, je stresse à mort, puis ça se passe bien et c’est un vrai soulagement, et puis je passe à la prochaine étape, au prochain exam. (rires)

Quel est votre moment le plus fun sur un kite ?

C’est tout le temps, quand je fais du kite avec mes amis, c’est ce qu’il y a de mieux. Comme on est à peu près au même niveau, on se pousse tous en avant jusqu’à atteindre des niveaux que l’on ne pensait pas pouvoir atteindre. En plus de cela on s’inspire les uns les autres, ce qui donne souvent des choses très intéressantes.

Jusqu’où comptez-vous aller avec votre kite ?

Moi je suis très mauvais au foot, en nage ou au tennis, mais je suis très bon en kite, donc je vais voir jusqu’où je peux aller avec. C’est un peu comme un écrivain, il écrit un livre, puis il va vouloir en écrire un deuxième qui sera meilleur que le premier. En revanche un écrivain ne serait peut-être pas très bon en kite, si on est bon en quelque chose il faut y aller. C’est toujours très inspirant de voir des gens qui repoussent les limites de ce pour quoi ils sont bons, jusqu’à amener leur discipline à un niveau encore jamais atteint. Quand on est bon et passionné on peut atteindre des niveaux dont on ne soupçonnait même pas l’existence, c’est vraiment cool. 

Urban Kiteboarding by Nick Jacobsen

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